Le chœur à côté de la plaque
Écoute Rebond Servir la scène Status et rapports de pouvoir Gestion du focus Jeu choral Comédie Absurde Plus de réactivité Plus de créativité Plus d'amusement
Se joue et organisation
Combien de personnes jouent ensemble de 2 à 5 personnes
Organisation conseillée passages successifs — effectif d'atelier conseillé : 3 à 15 personnes Situation : les groupes passent l'un après l'autre (attente ou observation) autonomes après consigne
Participants et organisation
Public Préadolescents (11–14 ans) Adolescents (15–17 ans) Adultes
Accessibilité physique Faible exigence de mobilité Sans déplacement Sans contact physique Jouable entièrement assis
Organisation des participants Dans l'espace scénique Interactions asymétriques
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Description concise
Improvisation comique dans laquelle une figure d’autorité pose au groupe des questions simples en espérant des réponses appropriées, tandis que le chœur lui propose systématiquement des réponses inadéquates, absurdes ou fondées sur un contresens.
Objectif
- comprendre et tenir un jeu collectif simple ;
- rebondir sur les formulations du partenaire ;
- varier les propositions comiques sans casser la logique de la scène ;
- travailler le sérieux et la constance de la figure d’autorité ;
- apprendre à servir une mécanique comique commune plutôt qu’à chercher son propre sketch ;
- expérimenter le fonctionnement d’un chœur verbal.
Description détaillée
Un participant incarne une personne légitime pour diriger un groupe : professeur, responsable associatif, chef d’équipe, thérapeute, maître de cérémonie, guide, entraîneur…
Il a un objectif extrêmement simple : obtenir du groupe une réponse raisonnable à une question raisonnable.
Le reste des participants forme le chœur. Chacun intervient à son tour avec une réponse qui échoue d’une manière différente : mauvaise interprétation, réponse beaucoup trop littérale, préoccupation sans rapport, solution disproportionnée, raisonnement aberrant mais défendable…
La figure d’autorité tente de corriger le groupe, reformule sa demande, précise ce qu’elle voulait dire et cherche à le ramener vers le bon sens. Mais chaque clarification donne au chœur de nouvelles occasions de comprendre de travers.
Le moteur comique repose donc sur une asymétrie très claire : l’autorité veut que le groupe comprenne enfin ; le groupe ne doit surtout pas lui faciliter la tâche.
Consigne à donner aux participants
Une personne vient face au groupe. Vous êtes la figure d’autorité.
Choisissez une situation dans laquelle vous avez une raison légitime de poser des questions au groupe.
Par exemple :
- un directeur d’école rappelle les bonnes raisons d’aller à l’infirmerie ;
- un entraîneur demande comment se préparer correctement avant un match ;
- une responsable de camping explique les règles de sécurité ;
- un professeur demande comment réussir un exposé ;
- un thérapeute demande comment gérer sainement un conflit ;
- un guide de montagne rappelle ce qu’il faut emporter pour une randonnée ;
- un chef d’entreprise cherche des idées raisonnables pour accueillir les nouveaux employés.
Commencez par poser une question très simple.
Par exemple :
« Pour quelles raisons peut-on légitimement aller voir l’infirmière ? »
Pour le groupe : votre travail consiste à proposer la mauvaise réponse.
Mais ne répétez pas simplement la même plaisanterie sous différentes formes.
Cherchez différentes manières d’être à côté de la plaque.
Par exemple :
« Parce qu’on n’aime pas les mathématiques. »
La personne en autorité peut répondre :
« Non. Je parle d’un problème médical. »
Quelqu’un d’autre peut alors proposer :
« Si on est allergique aux mathématiques ? »
La figure d’autorité réagit, corrige, précise, puis interroge quelqu’un d’autre.
Votre réponse doit rester liée à ce qui vient d’être dit. Même lorsqu’elle est absurde, nous devons comprendre comment votre personnage a pu arriver jusque-là.
Pour la figure d’autorité : ne devenez pas vous-même absurde trop rapidement. Votre sérieux est ce qui donne de la valeur aux réponses du chœur.
Vous pouvez perdre progressivement patience, vous décourager, chercher une nouvelle formulation, croire enfin que quelqu’un a compris…
Mais vous avez toujours besoin du groupe.
Pour le chœur : laissez la personne en autorité mener la scène. Ne prenez pas tous la parole simultanément. Levez la main, attendez d’être interrogés ou trouvez un autre fonctionnement collectif clair.
La scène se termine lorsque l’autorité abandonne, perd complètement le contrôle, obtient miraculeusement une réponse correcte… ou lorsque le jeu a atteint son sommet.
Exemples de départs
Le professeur :
« Qu’est-ce qu’on peut faire lorsqu’on n’a pas compris une consigne ? »
La monitrice d’auto-école :
« Que doit-on vérifier avant de démarrer ? »
Le responsable du musée :
« Comment doit-on se comporter devant une œuvre fragile ? »
La psychologue :
« Quand vous êtes en colère contre votre conjoint, quelle serait une manière saine de réagir ? »
Le capitaine :
« Que fait-on lorsqu’un homme tombe à la mer ? »
La responsable de colonie :
« Qu’est-ce qu’on ne doit surtout pas faire lorsqu’on se perd en forêt ? »
Le directeur :
« Qu’est-ce qui fait un bon collègue ? »
Le maître-nageur :
« Quels comportements sont dangereux autour d’une piscine ? »
Le chef cuisinier :
« Comment sait-on qu’un aliment est encore consommable ? »
Le vétérinaire :
« Que faut-il faire lorsqu’un animal semble malade ? »
Conseil pour animer
Ne demande pas au chœur d’être simplement « de plus en plus absurde ». La scène devient vite bruyante et interchangeable. Encourage plutôt des erreurs de nature différente : contresens, littéralité, mauvaise priorité, logique biaisée, réponse techniquement vraie mais totalement inappropriée…
Et pour la personne en autorité : garde-la relativement sérieuse. Plus elle essaie sincèrement de remettre le groupe sur les rails, plus le contraste devient efficace.
Autour de cet exercice
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