La posture complémentaire
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Description
Exercice corporel pratiqué en trio dans lequel les participants construisent et transforment progressivement un tableau vivant.
Un premier joueur prend une posture correspondant à un instant précis d’une action. Un deuxième observe cette proposition et ajoute une posture qui entretient avec elle une relation concrète et immédiatement lisible. Le troisième complète à son tour la situation.
Une fois le trio constitué, un seul joueur change de posture à la fois. Les deux autres restent parfaitement immobiles. Chaque nouvelle position doit pouvoir s’articuler avec celles qui restent afin de faire apparaître une nouvelle situation.
L’exercice travaille principalement l’observation, la précision corporelle, la lecture des propositions physiques et la construction collective d’une situation
Objectif
- observer précisément les propositions corporelles des partenaires ;
- apprendre à compléter plutôt qu’à juxtaposer ;
- accepter qu’une posture puisse recevoir un sens différent de celui que son auteur avait imaginé ;
L’un des apprentissages essentiels consiste à distinguer une articulation fonctionnelle d’une simple association d’images.
Trois personnes qui prennent chacune une posture évocatrice peuvent produire une jolie composition sans qu’aucune relation claire n’existe entre elles.
À l’inverse, si l’une retient une échelle, qu’une deuxième semble y grimper et qu’une troisième tente de récupérer quelque chose au-dessus d’elles, chaque corps contribue à une même situation.
Consigne
Mettez-vous par groupes de trois.
Le premier joueur entre dans l’espace et prend une posture.
Ne cherchez pas une belle statue ou une image abstraite.
Choisissez un instant précis d’une action concrète.
Vous pouvez être en train de pousser quelque chose de très lourd, de retenir quelqu’un qui tombe, de réparer un moteur, de tendre un objet, de grimper, de vous protéger…
Fixez votre position.
Flash !
À partir de maintenant, vous ne bougez plus.
Le deuxième joueur regarde attentivement cette posture.
Demandez-vous :
« Qu’est-ce qui pourrait concrètement être en train de se passer ici ? »
Puis venez ajouter votre propre posture.
Elle doit avoir un lien physique clair avec la première : une action, une réaction, une aide, un obstacle, une relation.
Par exemple, si quelqu’un semble tirer quelque chose, vous pouvez devenir ce qu’il tire, l’aider à tirer ou au contraire retenir l’objet.
Installez-vous.
Flash !
Vous êtes maintenant tous les deux immobiles.
Le troisième regarde ce qui existe déjà et complète à son tour la situation.
Il ne vient pas simplement ajouter une troisième statue : il cherche quelque chose qui agit avec les deux autres ou qui rend leur situation plus précise.
Flash !
Nous avons maintenant un tableau à trois.
À partir de là, nous allons le transformer.
Le premier joueur quitte sa posture et en cherche immédiatement une nouvelle, tandis que les deux autres restent parfaitement immobiles.
Il observe ce qu’ils proposent maintenant à deux et vient créer une nouvelle articulation avec eux.
Flash !
Puis c’est au deuxième joueur de changer.
Flash !
Puis au troisième.
Flash !
Et nous continuons ainsi.
À chaque fois :
- deux personnes restent complètement immobiles ;
- une seule transforme sa posture ;
- cette nouvelle posture doit pouvoir appartenir à une situation concrète avec les deux autres.
Ne cherchez pas absolument à préserver l’histoire précédente. Dès qu’un joueur change, le sens du tableau peut lui aussi changer.
En revanche, partez toujours de ce que les corps présents permettent réellement de voir.
Conseil pour animer
Commence lentement.
Le rythme régulier et les percussions peuvent devenir intéressants dans un deuxième temps, mais seulement lorsque les participants ont compris comment lire et compléter une posture.
Si tu imposes rapidement :
Flash ! Flash ! Flash !
les joueurs risquent de produire la première position disponible sans avoir réellement observé leurs partenaires.
Une progression me paraît préférable :
D’abord, laisse chacun prendre le temps de regarder et de construire des articulations très lisibles.
Puis demande que le changement devienne plus rapide.
Enfin, lorsque le principe est acquis, introduis une pulsation régulière : à chaque signal, le joueur suivant doit avoir trouvé sa nouvelle posture.
Ne valorise pas celui qui produit la pose la plus spectaculaire. Observe plutôt les moments où un simple changement de corps transforme immédiatement la lecture des deux autres.
C’est là que l’exercice devient réellement intéressant.
Usages
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