Le conflit qui couve
Par baptiste.galton@gmail.com
Description concise
Improvisation contextualisée dans laquelle une scène quotidienne s’installe d’abord sans confrontation, puis fait émerger un désaccord précis entre deux personnages qui doit évoluer jusqu’à transformer leur relation ou la situation. Dans une seconde version, des personnages secondaires déjà présents rendent visibles les effets sociaux du conflit par leur jeu, leurs réactions et leurs déplacements.
Objectif
- faire naître un conflit à partir d’une situation et de relations déjà établies ;
- construire une opposition spécifique aux personnages plutôt qu’un débat abstrait ;
- permettre aux positions d’évoluer jusqu’à une conclusion ;
- travailler l’écoute et les déplacements dans une scène de groupe ;
- faire exister les personnages secondaires sans qu’ils concurrencent systématiquement le duo principal.
Consigne à donner aux participants
Premier passage : le duo
Par deux.
Pendant environ une minute, installez simplement une scène.
Faites exister :
- un lieu précis ;
- une activité ;
- vos personnages ;
- la relation entre eux.
Le conflit n’a pas encore commencé. Jouez la situation, laissez apparaître des habitudes, des rapports, éventuellement quelques petites tensions.
(Après environ une minute, donner un signal si nécessaire.)
À partir de ce qui existe déjà, faites maintenant apparaître un désaccord précis, propre à ces personnages et à cette situation.
Il ne s’agit pas d’introduire artificiellement un grand sujet de société. Le conflit peut naître d’un geste, d’une décision, d’un comportement, d’une information ou d’un événement déjà lié à votre univers.
À partir de là, défendez vos positions, mais laissez la scène évoluer.
Écoutez ce qui vous est répondu. Vos arguments peuvent devenir plus précis, votre colère peut changer de nature, une information peut déplacer votre position.
Le conflit doit finir par produire quelque chose : une décision, une concession, une rupture, un compromis, un renversement du rapport de force ou une transformation claire de la relation.
Deuxième passage : avec personnages secondaires
Cette fois, plusieurs autres personnages sont présents dès le début de la scène, en arrière-plan ou sur les côtés.
Ils ont une raison d’être dans le lieu et continuent leur propre activité. Ils ne sont pas un public assis autour du duo.
Pendant la première minute, ils participent surtout à faire exister l’univers.
Lorsque le conflit apparaît, ils continuent à jouer mais commencent à réagir à ce qui se passe.
Un regard peut se détourner.
Quelqu’un peut se rapprocher d’un personnage.
Un autre peut prendre ses distances.
Deux personnes peuvent se regrouper.
Quelqu’un peut changer progressivement de côté.
Vous pouvez ainsi faire apparaître physiquement les effets du conflit sur le groupe.
Les personnages secondaires peuvent parler lorsque cela devient nécessaire, mais ils n’ont pas besoin de commenter chaque argument. Leur présence, leur attention et leurs déplacements doivent déjà raconter quelque chose.
Ils peuvent soutenir un personnage puis être convaincus par l’autre. Ils peuvent également chercher à calmer, isoler, protéger ou mettre sous pression quelqu’un, si cela correspond à leur personnage et à la situation.
Le conflit reste principalement porté par le duo, mais tout le plateau en subit les conséquences.
La scène se termine lorsqu’une transformation claire a eu lieu dans le conflit, la relation ou l’organisation du groupe.
Conseil pour animer
Pour le travail de groupe, privilégier d’abord les réactions physiques et les déplacements aux prises de parole. Les personnages secondaires doivent amplifier la lecture de la scène, non créer plusieurs conflits concurrents.
Limiter au départ le plateau à deux personnages principaux et deux à quatre personnages secondaires facilite beaucoup la lisibilité.